Installation borne recharge voiture électrique RGIE

Théo Desrousseaux 20 min de lecture

Publié le 20 août 2026

Installation borne recharge voiture électrique RGIE Photo : Bibliothèque Sparx Elec
Borne de recharge pour véhicules électriques.

En bref

  • Le RGIE 7.22 impose un circuit exclusivement dédié pour chaque borne : la connexion sur une prise de courant est interdite, et le schéma TN-S est obligatoire sur le circuit terminal.
  • La protection différentielle exige 30 mA avec une détection garantie en présence de 6 mA DC : différentiel type B, type A avec RDC-DD, ou détection intégrée à la borne.
  • Le prix d’une installation à domicile va de 750 à 2 500 € : une wallbox 7,4 kW revient à environ 1 510 € TVAC avec le contrôle, dans un logement de plus de 10 ans.
  • Toute borne doit être déclarée au gestionnaire de réseau (Sibelga à Bruxelles, ORES en Wallonie) et contrôlée par un organisme agréé avant la mise en service.
  • La réduction d’impôt fédérale est supprimée depuis l’exercice 2026 : il reste la TVA à 6 % pour les particuliers et la déduction pour investissement pour les entreprises.

Installer une borne de recharge pour voiture électrique en Belgique ne se résume pas à fixer une wallbox au mur. Le Règlement général sur les installations électriques, le RGIE, encadre chaque étape : le circuit à tirer, la protection différentielle à poser, le contrôle à faire réaliser et la déclaration à envoyer au gestionnaire de réseau. Dans cet article, je détaille ce qu’un électricien vérifie avant, pendant et après la pose d’une borne, avec les règles du chapitre 7.22 du Livre 1 du RGIE et les prix pratiqués en Belgique.

La réponse courte à la question de l’installation : une borne de recharge se connecte sur un circuit exclusivement dédié, protégé par un différentiel 30 mA dont la détection reste garantie en présence de courant continu, puis l’installation est contrôlée par un organisme agréé avant la mise en service. Le coût total, borne comprise, se situe entre 750 et 2 500 € selon la puissance choisie et la complexité du chantier. Ces trois éléments, circuit, protection et contrôle, sont le cœur du travail.

Le cadre réglementaire mérite d’être précisé, car il est récent. Le RGIE a été restructuré le 1er juin 2020 en trois livres thématiques. Depuis l’arrêté royal du 10 juillet 2022, publié au Moniteur belge le 16 août 2022, le chapitre 7.22 du Livre 1 est dédié à l’alimentation des véhicules électriques routiers. Il s’applique aux nouvelles bornes de charge conductives, c’est-à-dire avec câble, dont la réalisation ou le remplacement débute à partir du 1er novembre 2022, sur base de la norme internationale IEC 60364-7-722. La recharge inductive, sans contact, et la recharge par socle de prise de courant ne sont pas couvertes par ce chapitre, mais doivent répondre aux autres prescriptions du Livre 1. Quand je dimensionne une borne, je pars donc toujours de ce chapitre 7.22, complété par le reste du Livre 1 selon le type de recharge retenu.

7.22

chapitre du Livre 1 du RGIE dédié aux véhicules électriques routiers

30 mA

sensibilité du différentiel exigée au point de connexion

6 mA DC

composante continue que la détection doit supporter

750 à 2 500 €

fourchette d’installation d’une borne à domicile

Les puissances de charge d’une borne en Belgique

Avant de parler de câbles et de protections, il faut choisir une puissance de recharge. La note de référence distingue deux familles : la recharge normale et la recharge rapide. La recharge normale se fait en 230 V monophasé, à 16 A pour 3,7 kW, ce qui est la valeur préconisée pour un point de recharge à domicile, ou à 32 A pour 7,4 kW, utilisée à domicile comme en recharge publique. La recharge rapide se fait en 400 V triphasé avec neutre, à 16 A pour 11 kW. Au-delà, à partir de 22 kW, on sort du cadre domestique : ces puissances sont réservées à la recharge publique ou aux endroits stratégiques. Sibelga précise que la recharge sur prise ordinaire sans protection, le mode 1, n’est pas autorisée, et que la puissance préconisée à domicile est de 3,7 kW.

Le choix de la puissance se traduit concrètement en autonomie récupérée. Avec une borne de 7,4 kW, on recharge environ 30 à 40 km d’autonomie par heure. Avec une borne de 22 kW, on dépasse les 100 km par heure. Ces ordres de grandeur permettent de trancher entre les solutions : une wallbox monophasée de 7,4 kW convient à la plupart des usages résidentiels, tandis qu’une borne triphasée de 11 ou 22 kW ne se justifie que si le véhicule accepte cette puissance et si l’installation le permet.

L’ampérage est le second paramètre. Il dépend de la puissance et du nombre de phases. À 16 A, on obtient 3,7 kW en monophasé ou 11 kW en triphasé. À 32 A, on obtient 7,4 kW en monophasé ou 22 kW en triphasé. Cette distinction est essentielle pour le dimensionnement : un ampérage plus élevé impose une section de conducteur plus importante et un disjoncteur de calibre supérieur, comme je le détaille plus loin avec le tableau 4.11 du RGIE.

Les quatre modes de recharge

La nomenclature des modes de recharge permet de situer chaque solution. Le mode 1 correspond à la prise domestique classique, limitée à 2,3 kW : il n’est pas adapté aux véhicules électriques et n’est pas autorisé pour cette usage. Le mode 2 utilise un câble avec boîtier de contrôle intégré, jusqu’à 7,4 kW : c’est la solution de dépannage occasionnel. Le mode 3 est la borne dédiée, la wallbox, avec connecteur Type 2, de 3,7 à 22 kW : c’est le standard résidentiel et professionnel. Le mode 4 regroupe les bornes de charge rapide en courant continu, de 50 à 350 kW, réservées aux infrastructures publiques.

Mode Support Puissance Usage
Mode Mode 1 Support Prise domestique Puissance Jusqu’à 2,3 kW Usage Non adapté aux véhicules électriques, non autorisé
Mode Mode 2 Support Câble avec boîtier de contrôle intégré Puissance Jusqu’à 7,4 kW Usage Dépannage occasionnel
Mode Mode 3 Support Borne dédiée wallbox, connecteur Type 2 Puissance 3,7 à 22 kW Usage Standard résidentiel et professionnel
Mode Mode 4 Support Borne de charge rapide en courant continu Puissance 50 à 350 kW Usage Recharge publique

Les quatre modes de recharge selon Sibelga et Atlas Contrôle.

Le connecteur Type 2 est la norme européenne : la quasi-totalité des voitures électriques vendues en Belgique en sont équipées. Un point pratique que je vérifie systématiquement avant de proposer une borne : le port du véhicule, qui conditionne la puissance de charge acceptée. Une voiture limitée à 3,7 kW en monophasé ne tirera pas davantage d’une borne de 22 kW. Le surdimensionnement de la borne n’apporte alors rien, si ce n’est un coût d’installation plus élevé.

Le chapitre 7.22 du RGIE : le cadre de l’installation

Le chapitre 7.22 du Livre 1 du RGIE pose la règle fondatrice de toute installation de borne : un circuit exclusivement dédié pour chaque point de connexion. Concrètement, il est interdit de connecter une borne sur l’installation fixe au moyen d’une prise de courant, selon le point 7.22.3. La borne doit être alimentée par son propre circuit, tiré depuis le tableau électrique, sans passer par un socle de prise. C’est la première chose que je vérifie quand un client me demande d’étudier un projet : existe-t-il déjà un circuit libre au tableau, et peut-on en créer un dédié ?

La seconde règle concerne le schéma de distribution. Le schéma TN-S est obligatoire sur le circuit terminal de la borne, et le conducteur PEN, caractéristique du schéma TN-C, y est interdit. Dans une installation ancienne où le neutre et la terre sont confondus, cette exigence peut imposer des adaptations du tableau avant même de parler de la borne elle-même. C’est un point que le contrôle par organisme agréé vérifiera, et je préfère l’anticiper dès la visite de repérage.

Attention

Le RGIE 7.22 interdit de connecter une borne sur l’installation fixe au moyen d’une prise de courant. Chaque point de connexion doit disposer de son circuit exclusivement dédié, protégé dans le tableau. Cette règle n’est pas une suggestion : elle est vérifiée lors de la réception par l’organisme agréé, et un certificat de conformité en dépend.

Le chapitre s’applique aux nouvelles bornes de charge conductives dont la réalisation ou le remplacement débute à partir du 1er novembre 2022. Pour les projets antérieurs, les prescriptions générales du Livre 1 restent la référence. Dans tous les cas, la recharge inductive et la recharge par socle de prise ne sont pas couvertes par le 7.22 et relèvent des autres prescriptions du Livre 1.

La protection différentielle d’une borne : le 30 mA et le 6 mA DC

C’est le point le plus technique de l’installation, et celui où je vois le plus d’erreurs dans les projets que l’on me soumet. Le RGIE 7.22.4.1.b impose, au point de connexion, un dispositif différentiel 30 mA dont le fonctionnement reste garanti en présence d’une composante continue perturbatrice d’au moins 6 mA DC. La raison est physique : un courant continu lissé peut saturer le tore d’un différentiel classique et l’empêcher de déclencher. Si la borne génère une composante continue et que le différentiel ne la voit plus, la protection des personnes n’est plus assurée.

La conséquence directe se lit dans les classes de différentiels. Le type AC est interdit pour une borne : il ne détecte pas les courants continus. Le type A est autorisé à condition que la borne détecte elle-même le 6 mA DC. Le type F, seul, est insuffisant. Le type B convient directement, car il est conçu pour les courants continus. Il est par ailleurs interdit de placer un type A en amont d’un dispositif dont la protection laisse passer une composante continue totale supérieure à 6 mA, comme le rappelle Atlas Contrôle en citant le RGIE 7.22.

Interrupteur différentiel type A Hager en gros plan sur rail DIN

Différentiel type A

Protection obligatoire du circuit dédié d’une borne 7 kW, facturée autour de 150 € dans le tableau des coûts.

Les trois solutions conformes

Le RGIE laisse le choix entre trois montages conformes, que je présente toujours au client avec leurs avantages respectifs. La première solution est un différentiel type B 30 mA : la plus simple à concevoir, car elle intègre la détection du courant continu, mais la plus coûteuse à l’achat. La deuxième solution combine un différentiel type A 30 mA avec un détecteur de courant continu, le RDC-DD, installé en amont : elle sépare les fonctions et revient souvent moins cher. La troisième solution repose sur la borne elle-même : si elle intègre une détection 6 mA DC, un type A 30 mA placé en amont suffit. Le choix dépend du matériel retenu et du budget, mais dans les trois cas, la règle est la même : le différentiel doit déclencher même si un courant continu circule.

Plusieurs bornes : ne jamais mutualiser la détection

Quand le projet comporte plusieurs points de recharge, une erreur revient souvent : mutualiser une seule détection 6 mA en tête de l’installation. C’est interdit par le raisonnement même de la règle. Les courants continus s’additionnent : par exemple, trois bornes qui produisent chacune 4 mA de courant continu donnent 12 mA DC au total, ce qui sature le tore et rend la détection aveugle. Je prévois donc un différentiel 30 mA avec sa détection 6 mA DC par point de recharge, tous montés en parallèle depuis le tableau. Chaque circuit garde sa propre protection, et la défaillance d’une borne ne met pas les autres hors service.

La protection contre les surintensités

La protection différentielle n’est pas la seule : le circuit de la borne doit aussi être protégé contre les surcharges et les courts-circuits. Le RGIE Livre 1 fournit le tableau 4.11 qui fait le lien entre la section du conducteur et le calibre maximal de la protection. Pour une section de 2,5 mm², le fusible maximal est de 16 A et le disjoncteur maximal de 20 A. Pour 4 mm², on passe à 20 A en fusible et 25 A en disjoncteur. Pour 6 mm², à 32 A et 40 A. Pour 10 mm², à 50 A et 63 A. Ces valeurs sont des maximums : le dimensionnement réel dépend aussi de la longueur du circuit et du mode de pose.

Section du conducteur Fusible maximal Disjoncteur maximal
Section du conducteur 2,5 mm² Fusible maximal 16 A Disjoncteur maximal 20 A
Section du conducteur 4 mm² Fusible maximal 20 A Disjoncteur maximal 25 A
Section du conducteur 6 mm² Fusible maximal 32 A Disjoncteur maximal 40 A
Section du conducteur 10 mm² Fusible maximal 50 A Disjoncteur maximal 63 A

Tableau 4.11 du RGIE Livre 1 : section du conducteur et calibre maximal de protection (Atlas Contrôle).

Le repère de dimensionnement se construit à partir de l’ampérage de la borne. Une wallbox 7,4 kW monophasée tire environ 32 A : il faut donc un conducteur de 6 mm² au minimum. Une borne 11 kW triphasée tire environ 16 A par phase : un conducteur de 2,5 mm² peut suffire, selon la longueur du circuit. Je calcule systématiquement la chute de tension sur la distance réelle entre le tableau et la borne avant de figer la section. Une distance importante peut imposer de monter d’un cran, et c’est aussi ce qui explique une partie des écarts de prix entre devis.

Lire le tableau et le compteur avant de dimensionner

Avant tout dimensionnement, je passe du temps sur le tableau existant et sur le compteur. Le tableau renseigne sur les protections déjà en place, le type de différentiels installés et la place disponible pour ajouter un circuit. Un tableau saturé ou vieillissant change la nature du projet : il faut parfois le mettre à niveau avant d’y raccorder une borne, ce qui a un coût propre, de l’ordre de 300 à 800 € selon l’état.

Tableau électrique Legrand avec étiquettes de circuits, différentiel type A et disjoncteurs

Tableau Legrand existant

Les protections existantes et la place disponible se lisent sur le tableau avant de dimensionner le circuit de la borne.

Le compteur apporte l’information de puissance qui sert de point de départ au relevé. Son différentiel abonné et le repérage des circuits permettent de savoir si l’installation peut absorber la charge de la borne sans modification du raccordement. C’est aussi au compteur que se lit le code EAN demandé lors de la déclaration au gestionnaire de réseau, une étape obligatoire que je détaille plus loin.

Compteur communicant et différentiel abonné Hager dans un immeuble neuf à Boulogne-Billancourt

Compteur communicant

Le pilotage s’appuie sur l’information de puissance : le compteur et son différentiel abonné sont les points de départ du relevé.

Cette phase de relevé conditionne le reste du projet : puissance disponible, place au tableau, distance à parcourir, mode de pose du câble. Je la fais toujours avant d’établir un devis, car elle évite les mauvaises surprises au moment du contrôle.

Prise renforcée ou borne de recharge ?

Une question revient souvent chez les particuliers : faut-il une vraie borne ou une simple prise renforcée ? La prise renforcée correspond au mode 2, avec un câble dont le boîtier de contrôle est intégré. Elle se limite à 3,7 kW et sert de dépannage occasionnel. Son avantage est le coût : entre 300 et 600 € pour l’installation, avec des temps de charge de 10 à 15 heures. Une borne de type wallbox, en mode 3, couvre de 3,7 à 22 kW et reste le standard résidentiel : les temps de charge descendent à 4-8 heures pour une monophasée 7,4 kW, et à 1,5-4 heures pour une triphasée 11 à 22 kW.

Gros plan d’une prise renforcée P17 pour véhicule électrique avec son socle mural

Prise renforcée P17

Le socle de la prise renforcée se distingue d’une prise classique avant de trancher entre prise et borne.

Le socle de la prise renforcée se distingue nettement d’une prise classique, et cette différence visuelle aide à trancher. Mais il faut garder à l’esprit le cadre réglementaire : la recharge par socle de prise n’est pas couverte par le chapitre 7.22 et doit répondre aux autres prescriptions du Livre 1, tandis que la borne en mode 3 relève du 7.22 dans son ensemble. Mon conseil de dimensionnement est simple : si le véhicule sert au quotidien et doit être rechargé régulièrement, la borne dédiée est la solution adaptée ; la prise renforcée reste une solution d’appoint, pas une installation principale.

Les bornes en extérieur et dans les bâtiments

L’emplacement de la borne impose des exigences propres. Pour les bornes installées à l’extérieur et dans les bâtiments, l’indice de protection minimal est IP 44. La borne doit aussi être protégée mécaniquement contre les collisions raisonnablement prévisibles : une barrière, une butée de roue, un socle en béton ou un potelet remplissent ce rôle. Je recommande toujours d’anticiper ce point, car une borne percutée par une voiture est à la fois un risque électrique et un coût de réparation.

Pour les bornes placées dans un bâtiment, le RGIE exige en outre un organe de coupure d’urgence visible, signalé, accessible et rapidement manœuvrable. Cette exigence rejoint le bon sens : en cas d’incident, il faut pouvoir couper l’alimentation de la borne sans chercher, sans outil et sans délai. Je vérifie donc l’accessibilité de cet organe lors de la réception, et je le signale clairement au client.

Combien coûte l’installation d’une borne en Belgique ?

Le prix d’une installation de borne à domicile se situe entre 750 et 2 500 € selon le type de borne et la complexité du chantier. Cette fourchette recouvre des réalités très différentes, que je détaille toujours dans le devis. La prise renforcée en mode 2, limitée à 3,7 kW, coûte entre 300 et 600 €. La wallbox monophasée en mode 3, à 7,4 kW, coûte entre 750 et 1 500 €. La wallbox triphasée de 11 à 22 kW coûte entre 1 200 et 2 500 €. Ces prix s’entendent TVA comprise pour un logement de plus de 10 ans, auquel s’applique la TVA à 6 % ; pour un logement neuf ou de moins de 10 ans, la TVA passe à 21 % et les montants augmentent d’autant.

Solution Puissance Prix indicatif Temps de charge
Solution Prise renforcée (mode 2) Puissance 3,7 kW Prix indicatif 300 à 600 € Temps de charge 10 à 15 h
Solution Wallbox monophasée (mode 3) Puissance 7,4 kW Prix indicatif 750 à 1 500 € Temps de charge 4 à 8 h
Solution Wallbox triphasée (mode 3) Puissance 11 à 22 kW Prix indicatif 1 200 à 2 500 € Temps de charge 1,5 à 4 h

Fourchettes de prix TVA comprise pour un logement de plus de 10 ans (economie-energie.be).

Touring donne une fourchette proche, en distinguant le matériel et la pose : une wallbox standard de 7,4 à 11 kW coûte entre 800 et 1 300 € hors pose, et le total avec installation se situe entre 1 500 et 2 000 €. Une borne de 22 kW ou une borne intelligente démarre à partir de 2 500 €. Ces ordres de grandeur aident à situer les devis, mais chaque projet reste spécifique.

Le détail d’un devis type

Pour rendre ces montants concrets, prenons le détail d’un devis type pour une borne 7,4 kW dans un logement de plus de 10 ans, à la TVA de 6 %. La borne intelligente représente 900 €. Le câblage dédié sur 10 mètres ajoute 150 €. Le disjoncteur différentiel 30 mA coûte 80 €. La main-d’œuvre, comptée pour trois heures, revient à 200 €. Enfin, le contrôle RGIE par un organisme agréé coûte 180 €. Le total estimé atteint environ 1 510 € TVAC. Ce chiffre illustre la structure d’un devis réaliste : le matériel de la borne domine, mais le circuit, la protection et le contrôle représentent ensemble une part significative.

Plusieurs facteurs font varier ce total. L’éloignement entre le tableau et la borne ajoute de 200 à 500 € selon la distance, et le terrassement éventuel se facture de 30 à 50 € par mètre. La mise à niveau d’un tableau vieillissant ou saturé ajoute de 300 à 800 €. Le contrôle obligatoire se situe entre 150 et 250 €. L’installation professionnelle, hors matériel, représente de 500 à 1 000 €. Quand un devis semble anormalement bas, je regarde d’abord si ces postes sont bien couverts.

Déclarer sa borne au gestionnaire de réseau

L’installation d’une borne ne se termine pas avec la mise sous tension : la déclaration au gestionnaire de réseau est une obligation légale. En Wallonie, le décret wallon du 15 octobre 2022, en son article 54, impose de signaler à ORES toute installation ou désinstallation de borne, y compris les installations antérieures au 15 octobre 2022. Les informations demandées comprennent le code EAN, les caractéristiques techniques de la borne, avec son numéro de série et sa puissance, et, uniquement pour une borne bidirectionnelle, l’attestation de contrôle d’un organisme agréé.

En Région de Bruxelles-Capitale, toute installation, modification ou suppression de borne doit être déclarée à Sibelga, conformément à l’ordonnance Électricité en son article 16. La déclaration demande le code EAN du compteur, qui commence par 5414489, ainsi que les détails techniques de la borne : puissance, marque et modèle. Je récupère ces éléments dès le choix du matériel, pour que la déclaration ne bloque pas la mise en service.

Au niveau fédéral, une borne de 5 kVA ou plus doit être déclarée au gestionnaire de réseau, qu’il s’agisse de Resa, d’ORES, de Fluvius ou d’un autre. La déclaration se fait en ligne et est généralement gratuite. Dans la pratique, je conseille de la faire dès que la borne est installée et contrôlée : le certificat de conformité et la déclaration constituent le dossier complet du point de recharge, utile en cas de vente du bien ou de contrôle ultérieur.

Fiscalité et primes en 2026

Le paysage des aides a changé récemment, et il faut être précis pour ne pas promettre ce qui n’existe plus. La réduction d’impôt fédérale pour les bornes de recharge fixes à domicile a été supprimée à partir de l’exercice d’imposition 2026. Elle était valable pour les dépenses réalisées entre le 1er septembre 2021 et le 31 août 2024, couvrant l’achat à l’état neuf d’une borne fixe, son installation et son contrôle. Une borne installée soi-même n’y donnait pas droit, précise le SPF Finances. Pour un projet engagé en 2026, cette réduction n’est donc plus disponible.

Ce qui reste pour les particuliers, c’est la TVA réduite à 6 %, sous conditions. La borne doit être fournie et installée par un professionnel. Le logement doit avoir plus de 10 ans et constituer l’habitation principale, occupée sur au moins 50 % de sa surface. La borne doit être installée dans le logement, dans le garage ou contre la façade : une borne placée dans le jardin ou dans l’allée reste à 21 %. Il est important de noter qu’aucune prime régionale directe ne remplace la réduction fédérale en Wallonie, à Bruxelles ou en Flandre pour les particuliers : les trois régions n’offrent pas d’aide directe équivalente pour ce type d’équipement résidentiel.

Côté entreprises et indépendants, le dispositif principal est la déduction pour investissement, la DPI, dans sa version thématique en 2026 : 40 % pour les PME et les indépendants, 30 % pour les grandes entreprises. La borne doit être neuve, intelligente et amortie sur au moins 5 ans. L’ancienne super-déduction, qui atteignait 150 à 200 %, a pris fin en août 2024 et n’est plus applicable.

Deux aides régionales ciblées complètent le tableau. En Flandre, l’Ecologiepremie+ peut couvrir jusqu’à 30 % de l’investissement pour certaines solutions de recharge de véhicules lourds, comme les bus et les camions. À Bruxelles, la prime « Utilitaire électrique » aide les PME qui remplacent un utilitaire thermique par un utilitaire électrique, jusqu’à 16 000 € par véhicule, borne incluse, avec un plafond de 48 000 € par an et par bénéficiaire. Ces aides ne concernent pas le particulier résidentiel, mais elles expliquent pourquoi le raisonnement fiscal diffère selon le statut du demandeur.

Le contrôle obligatoire par un organisme agréé

Toute nouvelle installation électrique, ou toute modification importante, doit être contrôlée par un organisme de contrôle agréé, accrédité selon la norme BELAC ISO 17020. La borne de recharge entre dans ce cadre : sa réception RGIE est réalisée par un organisme agréé avant la mise en service. Sans certificat de conformité, l’assurance peut refuser d’intervenir en cas de sinistre. C’est une raison suffisante pour ne jamais considérer le contrôle comme une formalité optionnelle.

Je l’explique à chaque client : le certificat délivré par l’organisme agréé est la preuve que l’installation respecte le RGIE, et il est demandé lors de la déclaration au gestionnaire de réseau dans certains cas, ainsi qu’à la vente du bien. Le coût de ce contrôle, de 150 à 250 € selon les intervenants, figure dans les devis types que je détaille plus haut. Il protège le propriétaire autant que l’installateur.

Comment je procède en tant qu’électricien

Pour finir, je décris la démarche que j’applique quand un client me confie un projet de borne, du premier rendez-vous à la mise en service. Elle est résumée dans le guide en haut de l’article, et je la déroule ici avec le raisonnement qui la sous-tend. Je précise d’emblée que je raisonne en électricien : la partie électrique, du tableau à la borne, est mon périmètre, et chaque étape vise à obtenir un contrôle conforme.

La première étape est toujours la même : couper le courant au tableau et vérifier l’absence de tension avec un testeur conforme avant toute manipulation. Cette précaution n’est pas négociable, qu’il s’agisse d’une simple prise renforcée ou d’une borne triphasée. Ensuite, je repère la place disponible au tableau et l’information de puissance au compteur : une wallbox 7,4 kW monophasée tire environ 32 A, ce qui conditionne directement la section du conducteur à poser.

Vient ensuite la pose du circuit exclusivement dédié, tiré jusqu’au point de connexion sans prise de courant intermédiaire, conformément au 7.22.3, avec un schéma TN-S et une section adaptée à la puissance. Puis j’installe les protections : un différentiel 30 mA dont le fonctionnement reste garanti en présence d’une composante continue perturbatrice, selon l’une des trois solutions conformes, accompagné du disjoncteur dimensionné d’après le tableau 4.11. Enfin, je raccorde la borne, je vérifie le fonctionnement de la charge et l’accessibilité de l’organe de coupure, puis je fais réaliser la réception par un organisme agréé avant la mise en service et je déclare l’installation au gestionnaire de réseau.

Cette séquence vaut pour le professionnel qui réalise l’installation comme pour le particulier qui suit les travaux : le contrôle par un organisme agréé est le juge de paix. Si le circuit n’est pas dédié, si la détection 6 mA DC fait défaut ou si la section est insuffisante, le certificat ne sort pas, et la borne ne peut pas être mise en service. C’est pourquoi je préfère toujours anticiper ces points au devis plutôt que de les découvrir au contrôle.

FAQ

Quelle puissance de borne choisir pour une maison en Belgique ?

La puissance préconisée pour un point de recharge à domicile est de 3,7 kW en monophasé 16 A. Une wallbox de 7,4 kW (32 A) convient aux usages plus intensifs et recharge 30 à 40 km par heure ; au-delà, les puissances de 11 à 22 kW relèvent plutôt de la recharge publique ou des endroits stratégiques.

Un différentiel type A suffit-il pour protéger une borne ?

Pas toujours : le RGIE 7.22 exige un différentiel 30 mA dont le fonctionnement reste garanti en présence d’une composante continue d’au moins 6 mA DC. Le type B convient directement ; le type A doit être associé à un détecteur de courant continu (RDC-DD) ou à une borne avec détection 6 mA DC intégrée. Le type AC est interdit et le type F, seul, est insuffisant.

Faut-il déclarer sa borne de recharge au gestionnaire de réseau ?

Oui, c’est une obligation légale. En Wallonie, la déclaration se fait auprès d’ORES (décret du 15 octobre 2022, art. 54) avec le code EAN et les caractéristiques de la borne. À Bruxelles, elle se fait auprès de Sibelga (ordonnance Électricité, art. 16) avec le code EAN du compteur, qui commence par 5414489, et la puissance, la marque et le modèle de la borne. La déclaration est généralement gratuite.

Existe-t-il encore des primes pour une borne en 2026 ?

La réduction d’impôt fédérale pour les bornes fixes à domicile est supprimée depuis l’exercice d’imposition 2026. Il reste la TVA à 6 % sous conditions : borne fournie et installée par un professionnel, logement de plus de 10 ans, habitation principale, borne dans le logement, le garage ou contre la façade. Pour les entreprises, la déduction pour investissement atteint 40 % pour les PME et 30 % pour les grandes entreprises.

Le contrôle par un organisme agréé est-il obligatoire pour une borne ?

Oui : toute nouvelle installation électrique ou modification importante doit être contrôlée par un organisme agréé (BELAC ISO 17020), et la réception RGIE d’une borne se fait avant la mise en service. Sans certificat de conformité, l’assurance peut refuser d’intervenir. Le contrôle coûte de 150 à 250 € et figure dans les devis types.

Peut-on recharger sa voiture électrique sur une prise ordinaire ?

Non : la recharge sur prise ordinaire sans protection, le mode 1, n’est pas autorisée. La prise renforcée (mode 2) sert de dépannage occasionnel jusqu’à 3,7 kW, tandis que la borne dédiée (mode 3, connecteur Type 2) est le standard résidentiel, de 3,7 à 22 kW selon les besoins.

Théo Desrousseaux au travail

Théo Desrousseaux

Électricien et éditeur

Je travaille sur le terrain et je dirige ce magazine. Chaque guide est vérifié pour son pays cible avant publication.

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